Michele-Jaudel

J’ai prêté serment en 1978, et depuis j’ai la chance de cheminer sur mon parcours d’avocat en accédant avec la même humilité et la même passion aux dossiers de contentieux et de conseil dans le domaine de l’entreprise, dossiers que des clients fi dèles veulent bien me confier. La relation de confiance ainsi établie m’a toujours guidée, quel que soit mon mode d’exercice, en moyenne ou plus petite structure.
J’ai été formée par un maître de stage attentif et exigeant, dont les méthodes qui m’ont été inculquées sont encore aujourd’hui la colonne vertébrale de mes interventions et sont transmises à mes collaborateurs. Ce sur-mesure que j’affectionne m’a donné l’occasion de rencontrer les modes de règlement amiable des différends, que j’ai utilisés, tout en gardant le contact avec les juridictions, sans savoir que je faisais déjà de la médiation.
Alors, la médiation, j’ai voulu en connaître tous les tenants et aboutissants et je me suis formée pour découvrir les trésors cachés du processus.
La formation de l’avocat à la médiation est une chance inestimable, il est primordial de la saisir et de ne pas laisser les jeunes s’en dispenser, il est primordial de les former ainsi que leurs aînés afin qu’ils se familiarisent avec cet outil complémentaire dont nous disposons pour exercer notre art de la manière la plus appropriée aux besoins et intérêts de nos clients.
C’est dans le cadre de l’accès à la justice que cet outil complémentaire peut être utilisé avec succès : mais, et je m’y engage, la médiation ne doit pas devenir obligatoire, c’est le rôle déterminant de l’avocat, aux côtés de son client, qui guidera le justiciable sur la voie de la médiation lorsque cet outil est adapté et librement choisi.
Il faut que nous nous mobilisions pour préserver notre place et défendre notre profession en nous ouvrant à cette justice moderne, apaisée, adaptée.

Le barreau m’a fait confiance en me demandant de promouvoir la médiation, d’organiser des colloques, d’animer la commission ouverte médiation, commission transversale intéressant tous les domaines du droit : je crois avoir rempli la mission, avoir fait le job…
Ce travail a été rendu possible par la concertation entre les médiateurs, les avocats, les professionnels du droit, les entreprises, les acteurs de la société civile, les Pouvoirs publics et les magistrats notamment ; une communication constructive avec ces-derniers est un des maillons incontournables pour préserver la place de la médiation dans la justice, la médiation ne devant en aucun cas être considérée comme une justice au rabais, une justice dont la seule fi n serait de répondre à des préoccupations d’ordre budgétaire. Je salue en particulier le rôle moteur dans ces actions de Fabrice Vert, conseiller coordinateur de l’activité des conciliateurs de justice et des médiateurs à la Cour d’appel de Paris.
Et je suis fière d’avoir mis en place cet été l’Ecole de la Médiation du barreau de Paris, pour familiariser les avocats avec la pratique de la médiation comme prescripteurs ou accompagnateurs, et comme médiateurs.
J’ai voulu ce challenge pour permettre au Barreau de Paris de contribuer à la formation de la prochaine génération de spécialistes en matière de résolution amiable des diff érends : notre Barreau sera garant des meilleures pratiques en matière de médiations nationales et internationales.
Je suis convaincue qu’il convient d’assimiler, dans le cadre de la formation initiale des élèves avocats mais aussi dans celui de la formation continue obligatoire, le réflexe médiation et plus généralement des modes de règlement amiable des diff érends. Paris, place de l’arbitrage international, deviendra la place de la médiation internationale, si je suis élue je m’y engage.
J’ai voulu le démarrage de l’Ecole, sous forme d’université d’été de 3 jours entièrement consacrés à la médiation et à la négociation interculturelles. C’est s’inscrire dans l’ouverture à l’international dont notre Barreau a besoin. Je veillerai à ce que les critères d’excellence et à ce que l’éthique et l’esprit d’imagination, autant de qualités essentielles à la réussite d’une médiation, modèlent les comportements. Telle est mon idée de la justice du XXIème siècle, d’une justice rénovée.»

Michèle JAUDEL