Le Festival 2026 : Justice et présomption d’innocence
Pour cette 15e édition, nous avons choisi de traiter un sujet complexe et de grande actualité. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un fait divers nous alerte sur cette délicate question.
Au sens strict, la présomption d’innocence est un principe juridique selon lequel, dans notre procédure pénale, toute personne qui se voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement et définitivement retenue par la justice.
L’article 6 § 2 de la Convention européenne des Droits de l’Homme consacre le droit de tout accusé à être présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie.
Le principe étant posé, le quotidien de l’actualité montre qu’il souffre cependant de nombreuses atteintes. Pour tenter d’en corriger les effets, le Garde des Sceaux, ministre de la justice avait confié à un groupe d’études piloté par Elisabeth Guigou, une mission destinée à faire des propositions pour garantir aux citoyens le total respect de ce principe constitutionnel.
Au titre des atteintes, les nombreux mouvements de défense des victimes d’infractions d’atteintes aux personnes, regroupées en associations et en collectifs (et c’est heureux qu’il y en ait !) se traduisent cependant souvent par la révélation et la dénonciation de crimes et de délits ce qui constitue autant d’atteintes au principe.
Mais aussi, il faut bien observer que les réseaux sociaux sont autant de caisses de résonance d’informations utiles mais aussi de rumeurs dont les conséquences sur la réputation et l’honneur des personnes peuvent être dévastatrices.
Mais aussi, il faut bien observer que les réseaux sociaux sont autant de caisses de résonance d’informations utiles mais aussi de rumeurs dont les conséquences sur la réputation et l’honneur des personnes peuvent être dévastatrices.
Que faire ? Quelques pistes sont évoquées.
D’abord, porter les efforts sur l’éducation de nos concitoyens aux grands principes du droit et au fonctionnement de la justice. Il est constaté en effet que les atteintes à la présomption d’innocence découlaient en grande partie d’une méconnaissance du fonctionnement de l’institution judiciaire.
Puis, sensibiliser les futurs professionnels du droit aux conséquences des atteintes à la présomption d’innocence et en intégrant à leur formation des modules leur permettant de mieux appréhender la mise en oeuvre de ce principe.
Et encore, renforcer la formation au droit des journalistes afin que ces derniers, qui relaient au grand public des informations relatives aux affaires judiciaires, aient une connaissance précise du fonctionnement de l’institution et des grands enjeux judiciaires.
Enfin, (mais ce n’est pas tout !) rappeler l’importance du secret de l’enquête et de l’instruction qui, au-delà de la préservation de l’efficacité des investigations, a vocation à protéger la présomption d’innocence.
Autant de questions qui seront abordées au cours du grand débat qui suivra la projection du film samedi 25 avril à 14h30.
Les films qui sont proposés tant le vendredi 24 au matin pour les lycéens que le samedi 25 avril, seront sous réserve des disponibilités et des droits de diffusion, « Une intime conviction » d’Antoine Raimbault avec Olivier Gourmet et « Les risques du métier » de André Cayatte avec Jacques Brel.
Pour débattre du thème :
- Marie Dosé, avocate au barreau de Paris et auteure du livre « Eloge de la présomption d’innocence »,
- Franck Zientara, premier président de chambre à la cour d’appel de Paris qui présida la cour d’assises spéciale notamment pour les procès d’Abdelkader Merah en 2017 et aussi celui des complices et coauteurs de l’assassinat de Samuel Paty en 2024.
- Julia Minkowski, avocate pénaliste au barreau de Paris, coauteure avec Marie Dosé de « l’éloge de la présomption d’innocence », de « l’avocat était une femme » et de « Par delà l’attente », ancienne associée du regretté Hervé Temime, qui est intervenue notamment dans l’affaire Clearstream, Bygmalion, Bismuth et aussi dans la défense de Bernard Tapie.
- On ne présente plus Eric Dupond-Moretti. Ancien Garde des Sceaux, ministre de la justice, il est surtout l’avocat pénaliste qui a obtenu plus de cent acquittements. Particulièrement légitime à nous parler de la présomption d’innocence, il nous fait l’honneur de se joindre à nous pour cette nouvelle édition.
Attention : Comme chaque année, ces séances seront entièrement gratuites sans possibilité de réservation mais toujours dans la stricte limite des places disponibles. Compte tenu de l’intérêt du sujet et de la présence des invités de prestige qui ont accepté de nous rejoindre, il est plus que conseillé d’arriver dès 13h30-45 pour la séance de dédicaces des ouvrages de nos invités dans le hall du cinéma Dragon et pour s’assurer d’avoir une place assise.
