Philippe Bilger, bibliographie

Philippe Bilger, bibliographie

Ce fut ce qu’on a appelé le « mur de la honte ». On dénonce, on ricane, on bafoue les droits de de ceux dont on ne partage pas les idées réelles ou supposées. Et ces juges se « vengent ». Le temps est venu de révéler les rapports malsains qui règnent aujourd’hui au sein de la magistrature, dans les arrière-cours des palais, mais aussi dans les relations entre juges, politiques, médias, opinion publique. J’ai connu à titre personnel les premières marques de cette volonté politique de « caporaliser » la justice. Le pouvoir et les juges portent une part de responsabilité de cette dérive. Cette politisation de certains magistrats a ouvert une faille, un espace dans lequel le monde politique s’est engouffré pour délégitimer l’oeuvre de la justice. Le préjudice est irréparable. Il est urgent de nommer les dérives pour y mettre fin. Il y va de notre avenir et de la démocratie.

Sous la forme d’un abécédaire intime et original, cette éminente personnalité du monde judiciaire et de la société civile sort des sentiers battus de l’autobiographie et se raconte sans faux-semblants. Il revient sur sa jeunesse, ses convictions et ses engagements, ses failles et ses combats. D’Abandon à Twitter, de Charlie Hebdo à Michel Houellebecq, de Connard à Vanité, de Divorce à Religion, d’Hugo Lloris à Sarkozy, de Meryl Streep à Sexe, il aborde les 105 entrées sans langue de bois, ose les sujets qui fâchent et prend position sur les grands débats de notre temps. Sa plume incisive n’épargne personne, à commencer par lui-même, et révèle un homme sensible, complexe et passionné…

Trois jours, c’est le temps que Frédéric Loriot va passer dans le box des accusés au cours de son procès. Trois jours pendant lesquels la cour d’assises va tenter de déterminer si, oui ou non, il a poussé sa maîtresse dans le vide du haut d’un immeuble. Les témoins se succèdent, les experts tergiversent, les avocats plaident… l’accusé observe, écoute, analyse… et raconte ce procès par le menu : il s’étonne de la désinvolture des jurés, dit sa défiance initiale vis-à-vis de son avocat, raille l’outrecuidance des experts, dénonce la froideur des magistrats… Rien ne lui échappe. Ces 72 heures de débat le mèneront-elles pour trente ans derrière les barreaux ? C’est tout le talent et l’art de Philippe Bilger que d’entretenir le suspense jusqu’à la dernière ligne de ce passionnant roman judiciaire…

Durant sa vie professionnelle, notamment à la cour d’assises de Paris, Philippe Bilger a affronté et aussi tenté de comprendre les criminels. Face à la montée d’une délinquance de plus en plus juvénile, il ne supporte plus la mansuétude perverse de la gauche, les explications sociologiques hypocrites, la culpabilisation des élites. Non, estime-t-il, ce n’est pas la prison qui crée le crime, c’est le criminel ! La justice selon Mme Taubira, obsédée par la surpopulation carcérale et qui ne pense qu’à vider les prisons, oublie juste un détail : les victimes ! …

Depuis plus d’une décennie, notre pays semble s’écrouler en morceaux, brisé par les revendications particularistes et rongé par les progrès de l’égoïsme. Conscient des dégâts communautaristes, Nicolas Sarkozy n’a pas su enrayer l’effritement et l’a même accéléré en provoquant de nouvelles divisions entre les Français. François Hollande découvre les méfaits de ce processus alors que la crise économique progresse. Saura-t-il y faire face ? 

Philippe Bilger, magistrat

Philippe Bilger, magistrat

Philippe Bilger est un magistrat honoraire, président de l’Institut de la Parole.

Juge d’instruction, puis avocat général, il est resté au service de la justice pendant près de quarante années, connu surtout pour avoir été responsable du service de la Cour d’assises au sein de la Cour d’appel de Paris.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages et membre fondateur du Cercle K2.

Juge d’instruction à Lille en 1972, substitut à Bobigny en 1976 puis à Paris en 1982, il y poursuit sa carrière, à partir de 1999, comme avocat général hors hiérarchie.
Philippe Bilger représente l’accusation notamment aux procès de Christian Didier, François Besse, Bob Denard et Émile Louis.

En 2004, il est avocat général au procès de Maxime Brunerie, qui a essayé de tuer Jacques Chirac. Dans son réquisitoire il décrit alors, en ce qui concernerait l’accusé, un « désir de lustre étincelant effaçant une vie de grisaille » ; le verdict dépasse ses réquisitions. Maxime Brunerie, à sa sortie de prison, lui propose de préfacer son livre ; Philippe Bilger refuse.

En 2006, au procès d’Hélène Castel, il requiert et obtient que l’accusée, quinze ans après les faits et repentante, soit condamnée à une peine dimensionnée de manière à ce qu’elle soit libérée à l’issue du procès.

En 2009, Philippe Bilger représente le ministère public au procès relatif à l’affaire « du gang des barbares ». Ses réquisitions sont dans l’ensemble suivies par la cour, notamment en condamnant le principal accusé à la peine maximale, et il déclare que « les débats et l’arrêt rendu ont été exemplaires ». N’ayant pas demandé cette peine maximale pour certains complices, il est attaqué pour son traitement de cette affaire par Bernard-Henri Lévy et par l’avocat des parties civiles Francis Szpiner.

Le 1er septembre 2009, Philippe Bilger est admis à la retraite et maintenu en activité comme substitut général, et ce jusqu’au 1er septembre 2012. Le 3 octobre 2011, il quitte la magistrature et rejoint le Cabinet D’Alverny Demont et Associés en qualité de conseiller spécial salarié jusqu’en décembre 2012. Il crée alors l’Institut de la parole qui dispense des formations pour l’amélioration de la communication orale.

Philippe Bilger intervient fréquemment sur des sujets politiques ou de justice, dans les médias et sur son blog. Sa forte présence médiatique et ses positions qu’il qualifie de « réactionnaires » lui attirent de nombreuses hostilités.