Le festival 2022

4 Juil 2022 | LesFestivals

 

« COLD CASES » Justice et affaires non résolues

L’affaire SEZNEC il y a tout juste 100 ans, l’affaire Gregory Villemin, ce garçonnet retrouvé mort dans la Vologne en 1984, le quadruple meurtre de Chevaline (Haute-Savoie) en 2012, la disparition d’Estelle Mouzin, affaire dans laquelle huit magistrats se sont succédé, Les crimes de Fourniret, Heaulme ou encore l’affaire Dupont de Ligonnès, quintuple meurtre à Nantes en Avril 2011 et plus récemment le dossier Delphine Jubillar, autant d’affaires, pour ne citer qu’elles, qui ont secoué l’opinion et ému la France entière. Aucune n’est résolue à ce jour.

On entend généralement les cold cases comme les crimes complexes, considérés comme les crimes en série, les crimes de sang non résolus (avec découverte de cadavres), les crimes de sang non découverts (cadavres dissimulés et disparitions criminelles de personnes) et les viols de prédation sont relativement nombreux, énigmatiques et porteurs d’une forte charge émotionnelle.

Les cold cases sont traditionnellement compris comme étant des atteintes délibérées à la vie ou à l’intégrité humaines non résolues. « L’enquête est soumise à la dictature du facteur temps. Car presque tout se joue au cours des 24 premières heures suivant la perpétration d’un crime ».

S’il est généralement rapidement résolu, le crime de sang peut aussi demeurer malheureusement impuni, faute d’éléments probants permettant l’identification de son auteur.

Qu’il soit prémédité ou d’impulsion, le meurtre reste quelquefois non élucidé malgré les investigations menées. Rangées parfois parmi les cold cases, les disparitions de personnes peuvent être volontaires – c’est un droit pour les personnes majeures – accidentelles ou criminelles, voire liées à un suicide ou à un décès naturel. En l’absence d’éléments de conviction suffisants et de scène de crime, il est souvent difficile de déterminer la nature exacte de la disparition inquiétante ou suspecte.

Les familles redoutent « la mauvaise rencontre ».

Les proches des victimes, prompts à incriminer publiquement l’enquête, mettent volontiers en cause le traitement pénal de l’affaire et partant, le fonctionnement des appareils policier et judiciaire, jugés largement défaillants.

Aujourd’hui, trois considérations pèsent sur l’action publique dans ce domaine :
• la demande accrue des victimes qui exigent une réponse pénale rapide et dont la parole mieux structurée est davantage diffusée (associations, réseaux sociaux, sites internet).
• le poids nouveau des médias, de tous types, qui font de la question un fort enjeu concurrentiel. Sujet permanent, le crime est devenu le fonds de commerce de certaines chaînes de télévision. La diversité des supports de communication permet à tout citoyen de s’informer mais aussi de critiquer les institutions en charge des enquêtes pénales. Les relais d’expression sont nombreux et pèsent lourdement sur l’action répressive en la matière. L’exigence d’instantanéité est devenue la règle, et la justice peine à s’en affranchir. Le temps judiciaire s’est ainsi contracté. Soumise à une pression continue, la justice est sommée d’agir vite et de révéler publiquement l’avancement de ses investigations. Pour dommageable qu’elle soit, cette exigence contemporaine doit pourtant être comprise par les enquêteurs et les magistrats. La justice criminelle se doit d’intégrer cette nouvelle demande sociale et ses impératifs publics. Le groupe de travail les a pris en considération dans ses travaux.
• enfin, l’accélération du progrès scientifique exige que tout soit mis en œuvre, sur le temps long, pour tenter de résoudre les crimes complexes même les plus anciens. A cet égard, l’extension du délai de prescription de l’action publique pour les crimes oblige à exhumer les affaires classées mais encore poursuivables et à les réexaminer sous cet aspect.

Pour améliorer l’élucidation de ces affaires, très attendue par les familles de victimes, un nouveau pôle judiciaire dédié aux crimes en série et aux affaires non élucidées a vu le jour ce 1er mars 2022. Les magistrats en charge de ce pôle installé à Nanterre ont d’ores et déjà hérité d’au moins 240 dossiers.

Poursuivant le traitement des sujets d’actualité judiciaire à travers le cinéma, le « Festival Justice et Cinéma, les Rencontres de La Rochelle » a choisi de traiter ce sujet pour la 12e édition des 7 et 8 Octobre 2022.

L’entrée est gratuite dans la limite des places disponibles. Pas de réservation mais mieux vaut arriver à l’heure !

Les films présentés

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Omar m’a tuer

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pour compléter votre information avant les projections du Festival 2022

Les invités débatteurs

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Corinne Herrmann, née en 1962 à Pointe-Noire, en République du Congo, est une avocate et criminologue française. Spécialisée dans le droit pénal, elle a travaillé notamment sur plusieurs affaires non résolues. Elle a travaillé pour le cabinet Seban & Associés,...

Sabine Kheris, magistrate

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Dominique Verdeilhan, né le 25 octobre 1955 à Saint-Maur-des-Fossés1, est un journaliste et chroniqueur judiciaire français.De 1989 à 2019, il est rédacteur en chef adjoint chargé de la chronique judiciaire sur France 2.article de Actu Juridique, 30 novembre...

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Jacques Dallest, né à Annecy, amateur de randonnée et de ski, a été magistrat pendant 35 ans. Après avoir été juge d’instruction à Rodez puis à Lyon pendant dix ans, il a rempli les fonctions de procureur de la République pendant quinze ans, successivement à Roanne,...

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